CONSEIL

Et si mon burn-out était un cadeau ?

Cette question, volontairement provocatrice, part de mon vécu avant d'être coach. J'ai mis personnellement quelques années à oser dire que j’avais fait un burn-out et surtout à réaliser le bénéfice de cette expérience de vie. J'avais envie de la partager avec vous, car oui, le burn-out peut être un cadeau, si on sait le recevoir et le décrypter !

Mon histoire, en quelques mots...
Il y a plus de 15 ans, avant de devenir coach et consultante, lors de mon retour au bureau après 4 mois d’arrêt maladie pour cause de burn-out, la DRH m’a accueillie avec cette annonce de mon licenciement. Elle a ajouté sans me laisser le choix, que j’allais « avoir du temps pour m’occuper de mes 2 petites filles en bas âge ! »… Je suis restée sans voix et j’ai ressenti une injustice profonde car cette « solution » n’était pas mon choix ! J'amorçais alors (et je ne le savais pas encore) une transformation majeure de mon expérience.

Vivre ce processus a été pour moi extrêmement douloureux avant de devenir riche. Avant mon départ en congé maladie, lorsque j’ai senti que je ne parvenais plus à travailler avec le même niveau d’énergie ni la même vivacité intellectuelle que d’habitude, j’ai voulu cacher cela à mon DG, à ma DRH et je n’acceptais pas mon état, me disant que j’allais sûrement me réveiller le lendemain en allant mieux…ERREUR ! Cela a eu pour conséquence d’augmenter l’incompréhension de l’équipe autour de moi, de porter un jugement sur ma compétence alors que ce n’était pas le sujet et de précipiter mon départ…par un licenciement…une forme de double peine !
Une fois que j'ai pu comprendre puis accepter que je vivais un burn-out, le cadeau a progressivement émergé: changer de métier pour devenir coach, avoir une qualité de vie que je ne soupçonnais pas avant de vivre ce burn-out, changer mon regard sur moi en étant moins exigeante et plus reconnaissante ....

Les bénéfices de la transformation de ce processus lancinant d’érosion de l’âme humaine ?

1/ Apprendre à s’écouter en profondeur…
Car au fond, on avait des indicateurs… qui peuvent être sous forme de symptômes corporels, de petites voix…et on ne les a pas écoutés… lorsque je n’arrive plus à dormir la nuit, parce que j’ai des pensées obsessionnelles autour de mon travail, que je suis, de fait, une vraie zombie au bureau et que je continue à y retourner, je ne suis pas à l’écoute de mon corps qui me demande du repos.

2/ Etre capable de poser des limites franches...
En posant un vrai OUI et un vrai NON qui partent de ce que l’on ressent. Lorsque mon hiérarchique me propose une réunion à 19h00 alors que c’est l’heure où je commence à clôturer mes dossiers pour imaginer aller chercher mes filles chez la nounou et que je dis OUI au lieu de proposer une alternative qui soit plus respectueuse de mes contraintes personnelles, je ne pose pas mes limites.

3/ Faire ses choix professionnels
Et décider de ne plus subir notre vie pro. Souvent, parce qu’on décroche le job qui nous fait vibrer à un instant T, on oublie des choses comme le respect de son biorythme naturel. Et si je décidais d’arrêter de faire 45’ de route minimum matin et soir pour aller chercher un job à 10’ de chez moi ou déménager à proximité de mon lieu de travail. Je ne suis pas obligée de subir des contraintes d’emplacement qui génèrent de la fatigue et du stress lié à la circulation.

4/ Développer une souplesse nouvelle...
Développer une souplesse nouvelle face aux événements en sortant de sa zone de confort. Si je suis quelqu’un qui ai toujours privilégié une présence et des horaires importants, je peux décider de tester de travailler une journée en télétravail pour vivre une journée de travail chez moi, me permettant de découvrir une autre façon d’être en relation avec mon équipe …à distance !

5/ Renforcer l’estime de soi
L'estime de soi a été « attaquée » par le manque de reconnaissance (se donner à soi ce que les autres ne nous donnent pas) : se poser les bonnes questions : est ce que je me sens vivante, ai-je l’impression d’être aux commandes de ma vie, suis-je consciente de ce que je vis, est ce que je me sens importante, compétente, aimable ? Et j’accorde tout particulièrement de l’attention à la question : est ce que je me sens importante…car souvent, je me sens importante, parce que je suis compétente (parce que je suis DG ou médecin) mais si j’enlève ma profession, est ce que je me reconnais comme importante à mes propres yeux ?

6/ Développer une qualité de dialogue, d’ouverture avec son environnement professionnel
Lorsque le burn-out arrive, le 1er réflexe est souvent de s’enfermer dans le mutisme, en espérant que personne ne découvre notre situation. Pourtant, c’est toute le contraire qu’il faut faire : parler, partager ses difficultés pour que l’entourage puisse commencer à comprendre ce qui se passe et puisse mettre en place des solutions. Ce dialogue doit persister, quand bien même la personne n’est ponctuellement plus dans l’entreprise. C’est aussi cette ouverture qui va permettre un retour dans le poste serein et progressif.

C'est donc en avançant sur ces 6 sujets (mes 6 sources de croissance) que j'ai pu tirer des enseignements positifs à cette difficulté.
Le burn-out est un cadeau, parce qu’il ouvre sur une connaissance nouvelle de soi. Ce processus de transformation est long et nécessite une vraie volonté de sortir de sa zone de confort, de « recréer » un espace de liberté pour faire ses choix…

Mon conseil, restez à votre écoute et parlez-en !
Cette maladie concerne des gens en quête de perfection, elle concerne des piliers de l’entreprise et en quête de reconnaissance. A vouloir être trop parfait, dans un contrôle fort de sa vie profesionnelle, on se met à perdre le contrôle…et boum… patatras !
Lorsqu’on est dans cet état, remonter la pente nous paraît impossible et il est important de se faire accompagner par des professionnels qui connaissent bien ces états : médecins, thérapeutes, coachs.

Pour finir, mon conseil est de s’observer fonctionner dans nos routines du quotidien :
Suis-je heureux de me lever le matin pour aller bosser ?
Comment je me sens après une journée de travail : ai-je encore de l’énergie, suis-je épuisé, ai-je la sensation de m’être nourri au bureau…?
Tout cela nous donne un 1er indicateur de ce qui se passe en nous et si des alertes sont présentes…surtout les ECOUTER et en PARLER autour de soi !

Et vous, avez-vous vécu un burn-out ? Qu'est-ce qu'il a changé dans votre vie ?
Si vous souhaitez donner une suite à cet article, dans le parcours Elément Humain que je propose, vous pourrez travailler, avec l'énergie du groupe, les 6 sources de croissance proposées.